Deuxième épisode de la mini-série documentaire réalisée par Limonade & Co pour l’UGPBAN. En 1968, Henri a 30 ans. La réforme foncière en Martinique lui ouvre une opportunité rare : accéder à la propriété de la terre. Il achète 3,5 hectares à Ducos et commence une nouvelle vie de planteur, armé d’un coutelas et d’une ambition tranquille.
1968 : la réforme foncière en Martinique
Dans les années 1960, les pouvoirs publics engagent en outre-mer une politique de redistribution foncière. L’objectif : permettre à des travailleurs agricoles d’accéder à la propriété et de développer des exploitations viables. Pour Henri, comme pour de nombreux planteurs martiniquais de sa génération, cette réforme représente un tournant décisif.
Là où ses parents travaillaient la terre de grands propriétaires, il peut désormais cultiver sa terre. Un changement de statut qui transforme en profondeur les dynamiques sociales et économiques de l’île.
Des débuts entre canne et banane
Avec ses 3,5 hectares à Ducos, Henri commence par défricher à la main. Il divise ensuite sa parcelle en deux cultures complémentaires :
- La canne à sucre : culture traditionnelle, revenu sûr, technique maîtrisée
- La banane : culture émergente, potentiel commercial croissant, soutenue par les coopératives
Ce choix mixte est représentatif des pratiques de l’époque aux Antilles. Les planteurs ne basculent pas d’un coup vers la banane — ils testent, sécurisent, apprennent. La banane gagnera progressivement du terrain sur la canne dans les décennies suivantes.
Témoignage oral et archives : une mémoire précieuse
Ce que raconte Henri — ses mains sur la terre, ses choix techniques, ses espoirs — ne figure dans aucun registre administratif. C’est cette mémoire vivante, incarnée, que l’UGPBAN a souhaité préserver avant qu’elle ne disparaisse avec ses porteurs. La mini-série illustre la force des archives orales comme outil de valorisation du patrimoine immatériel d’une filière professionnelle.
Retrouvez le contexte de la série dans l’épisode 1 : l’histoire de la banane en Martinique, et notre article sur le projet complet UGPBAN.
FAQ — Archives orales et histoire agricole antillaise
Qu’est-ce que la réforme foncière de 1968 en Martinique ?
La réforme foncière des années 1960 aux Antilles françaises visait à redistribuer les terres agricoles pour permettre à des travailleurs sans terres d’accéder à la propriété. Elle a favorisé le développement de petites exploitations bananières indépendantes.
Pourquoi collecter les témoignages oraux des planteurs antillais ?
Les témoignages oraux des planteurs constituent une source historique irremplaçable pour comprendre les pratiques agricoles et les mutations sociales qui ont façonné la filière bananière martiniquaise. Leur collecte est un enjeu de mémoire collective majeur.
Comment Limonade & Co valorise-t-elle les archives d’organisations agricoles ?
Limonade & Co accompagne syndicats et coopératives dans la conception de projets éditoriaux combinant archives documentaires et témoignages oraux. Consultez nos réalisations en valorisation d’archives.